Greg Staats
Greg Staats, photographe installé à Toronto depuis 1985, est maintenant reconnu comme une voix importante dans le milieu de l’art contemporain et connaît un succès retentissant. Il a reçu plusieurs reconnaissances pour son travail : ses œuvres font partie de collections publiques et privées, on lui a confié des projets d’art public, il a participé à plusieurs résidences, gagné des prix, et son travail a été présenté à d’importantes expositions à travers le Canada. L’examen contemplatif qu’il fait du deuil et de la perte l’amène vers des territoires très personnels où règnent la mémoire et l’interprétation que le public a la chance de traverser grâce à lui. Tout en questionnant les menus aspects de nos vies et processus, Staats nous aide à réexaminer le médium de la photographie alors qu’il s’am use à mêler les notions de public et de privé dans son travail.
De vive voix (transcription)
Greg Staats, photographe installé à Toronto depuis 1985, est maintenant reconnu comme une voix importante dans le milieu de l’art contemporain et connaît un succès retentissant. Staats s’amuse à mêler les notions de public et de privé dans son travail. Les photos que je prends sont de la documentation personnelle, en fait, qui relèvent du domaine de la narration visuelle, une narration visuelle personnelle qui relève de la mnémonique, et j’emploie la technique photographique de la lithographie, et ils deviennent également des documents personnels. 
J’ai réalisé une série de lithographies suite aux événements à Oka en 1991, que j’ai intitulé « Positive Distinct Forward Movement », et c’est la seule fois que j’aie employé du texte pour accompagner mon travail. C’était une série de photos que j’ai prises d’un village iroquois reconstruit à Akwesasne, et ce qu’on y voit ce sont des photos sombres et mystérieuses de longues maisons au crépuscule.
À partir de ce moment-là, l’expression « positive distinct forward movement », ou « un mouvement vers l’avant positif et distinct » est devenue l’énoncé de mon esthétique personnelle. Comment est-ce positif? Est-ce que j’avance? Est-ce distinct? S’agit-il d’une pensée originale? Est-ce trop simple? Toutes ces questions à partir de ce point de vue.
De temps en temps, je porte mon regard sur mon travail et je réponds à ma propre question : qu’est-ce qui me motive à faire ce que je fais? Qui suis-je sans ma caméra? C’est à partir de ce questionnement personnel que je puise ma propre esthétique. Et quand je regarde d’autres œuvres, autochtones ou non-autochtones, conceptuelles, modernes, ou architecturales, je recherche toujours le lien avec cette honnêteté organique et une dimension affective.
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