Gregory Coyes Partager sur Facebook Partager sur del.icio.us

Gregory Coyes est un bon orateur, un créateur musical et un réalisateur dont la carrière continue de progresser à vive allure. Sa passion pour la musique et son engagement au processus de production collectif l’ont amené à se créer une carrière et une vie sans limites. Greg a reçu plusieurs prix en Amérique du Nord et en Europe pour son œuvre en réalisation de documentaires et en animation. Son calendrier de production d’émissions est exigeant, émissions qui viennent illuminer notre monde avec des histoires et des récits traditionnels des peuples autochtones du Canada. L’influence qu’exerce Greg dans la communauté est considérable, et que ce soit par ses écrits, en faisant la promotion de ses films ou en tant que musicien, il continue à représenter une force créatrice au Canada et à l’échelle internationale.

Interview (transcription)

Je m’appelle Greg Coyes. Je suis né en Alberta, d’une grande famille Métis, la famille L’Hirondelle. Greg Coyes

Je suis cinéaste depuis 1984, et j’ai fait mes débuts en tant qu’acteur en 1982, et j’ai été complètement emballé par l’idée d’être entouré de personnes créatives et stimulées par leur travail.

J’aime beaucoup le procédé de prendre des décisions sur le plan créatif, et je savais que je serais bon cinéaste quand j’ai reconnu à quel point j’aimais prendre de genre de décisions.

En fait, je suis diplômé en géologie. J’étais scientifique avant de devenir cinéaste, et j’ai reconnu très tôt l’importance des histoires, et ça m’a vraiment captivé.

J’ai eu mon premier rôle dans le film « Running Brave », l’histoire de Billy Mills, qui a gagné une médaille d’or aux Jeux Olympiques de 1964 à Tokyo. L’audition s’est très mal passée, parce que je n’avais aucune expérience en tant qu’acteur. Mais j’étais athlète, et quand j’ai fait le tour de la piste de course pour l’audition, et que j’ai entendu Billy Mills dire « Gammoudi », je pensais qu’il me parlait en Lakota. Mais en fait, il nommait son grand rival, Mohammed Gammoudi, un Tunisien. Alors j’ai fini par jouer le rôle d’un Maghrébin dans ce film-là. Pendant le tournage, j’ai eu l’occasion d’être double, et je ne savais pas ce que c’était, sauf qu’ils me disaient : « Reste près de la caméra, et on se servira de toi pour cadrer les prises. » Vous pouvez vous imaginer que c’était une expérience incroyable, d’autant plus que c’était en 1982 et que le budget était de 11 millions de dollars, ce qui était énorme à l’époque, et comme je le disais avant, j’ai eu l’occasion d’observer 50 personnes créatives qui étaient vraiment emballées par leur travail, vraiment engagées à concrétiser la vision du metteur en scène. J’ai vu qu’il y avait là un grand potentiel.

Pour mon premier film, deux ans plus tard, « Kokum Stories », je me suis promené sur notre ferme familiale. Ça fait plus de 100 ans qu’elle appartient à notre famille, et j’ai demandé à ma grand-mère de me raconter les histoires qui se rapportaient à cette terre. Alors au départ, c’était très personnel.

Je crois qu’il faut faire valoir les incroyables ressources qu’on a dans nos communautés. En tant que réalisateur et metteur en scène, c’est à moi d’employer les meilleures technologies possibles afin de les faire valoir. Parce qu’on ne peut pas mettre un prix sur les connaissances, l’humour, le vécu et la musique qui existent dans nos communautés. C’est là-dessus que je travaille dans le moment, une série qui porte sur la musique, et c’est inépuisable.

Les critères dont je me sers pour évaluer la qualité de mon travail n’ont pas grand chose en commun avec les modèles que l’on retrouve à la télévision. Le plus important, c’est d’être fidèle aux personnages et à l’histoire, et de présenter tout ça clairement au spectateur.

La meilleure chose qu’un jeune artiste puisse faire c’est de travailler avec des cinéastes plus établis, et de les aider de quelque façon que ce soit. Je n’ai jamais fait l’école de cinéma, mais quand j’y pense, j’ai passé beaucoup de temps dans les locaux de l’Office National du Film à Edmonton dans les années 80. J’ai trainé là jusqu’à ce qu’ils m’embauchent. Et puis j’ai aidé des gens comme Anne Wheeler pendant le tournage de ses premiers films, et j’ai été l’assistant de Gil Cardinal sur ces premiers documentaires.

Le plus important c’est de bien présenter l’histoire, et ça revient toujours à être fidèle aux personnages. C’est vraiment ce qu’il y a de plus important.

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