Michael Greyeyes Partager sur Facebook Partager sur del.icio.us

Michael Greyeyes, originaire de la Muskeg Lake First Nation en Saskatchewan au Canada, est comédien, danseur, chorégraphe et réalisateur. Sa carrière de danseur et chorégraphe a été marquée par de nombreuses représentations importantes au Canada, aux États-Unis et en Europe. Sa carrière de comédien, qu’il mène au théâtre et à l’écran, compte de grands rôles au cinéma et dans des téléséries nord-américaines. Greyeyes, qui connaît une carrière prolifique, attribue à la rigueur et à la discipline que requière l’entrainement de danseur, d’être à la base de son approche dans toutes les sphères de son activité. Il conçoit la créativité comme étant une force qui nous entoure, et qui est accessible à quiconque est prêt à s’engager dans une recherche esthétique comme moyen d’expression.

Interview (transcription)

Je m’appelle Michael Greyeyes, et je suis Cris-des-Plaines, et je viens de Muskeg Lake en Saskatchewan. Je suis acteur, danseur, metteur en scène et chorégraphe. La danse se situe au cœur de mon travail en tant qu’artiste, et de qui je suis en tant que personne. Michael Greyeyes

J’ai commencé à faire de la danse quand j’étais très, très jeune. J’ai commencé mes études en ballet. Ensuite, j’ai fait du jazz et de la danse à claquettes. Je viens de la Saskatchewan, alors ce genre de danse m’était complètement étranger, mais c’est vers ça que j’étais attiré, et il n’y a pas tellement de garçons qui le font.

Alors quand un garçon en fait, c’est vraiment apprécié. J’ai commencé quand j’avais six ans, mais vers l’âge de dix ans je m’y consacrais plus sérieusement, et j’étais le centre d’attention. Qui ne voudrais pas se trouver dans cette situation-là? J’étais le roi incontesté!

Pour cette raison, c’était facile pour moi de poursuivre mes études. Et quand j’avais dix ans, j’ai été accepté à l’École nationale de ballet du Canada ici à Toronto, et je me suis trouvé dans un milieu de formation professionnelle. L’école a pour objectif de permettre aux jeunes de se développer suffisamment pour devenir des danseurs professionnels dans ce contexte très limité.

Pour moi, le ballet ressemble au latin. Je ne veux pas dire que le ballet est une langue morte, mais le latin est à la base de beaucoup d’autres choses. C’est la fondation de toutes les langues latines, le français et l’italien, par exemple, et c’est la même chose pour le ballet. Le ballet demande énormément de concentration, de discipline, d’habileté, et d’une conscience de soi. Si on arrive à survivre à toutes ses exigences, ça te permet de faire beaucoup d’autres choses.

La rigueur et la discipline qui m’ont été inculquées dans ma formation de danse me servent de fondation sur laquelle s’appuie tout mon autre travail d’acteur, de metteur en scène et, bien sûr, de chorégraphe. Mais en même temps, je n’étais pas vraiment attaché à l’idée d’être seulement un danseur de ballet. Pour moi, c’était un moyen d’atteindre d’autres objectifs. Alors quand j’avais environ 21 ans, je me disais, « Ce n’est pas vraiment ce que je veux faire pour le reste de ma vie. Si je regarde 40 ans en avant, je serais encore avec cette même compagnie? Je ferais toujours ce genre de travail? » Et je me suis dit que non. Alors j’ai déménagé à New York pour poursuivre ma carrière aux États-Unis pour le genre de danse qui m’attirait.

Le plus important, en tant qu’artiste, c’est d’être critique. J’ai 41 ans et au point où j’en suis dans ma vie et dans ma pratique, j’ai suffisamment d’expérience pour reconnaître ce qui marche et ce qui a un attrait pour moi. Si je regarde une œuvre d’art et que je suis vraiment emballé et passionné, je me dis, « mais, qu’est-ce qui la rend si captivante? ». Quand on commence à créer des œuvres d’art soi-même, on porte son attention sur ce qui marche et ce qui ne marche pas. Le plus important, c’est de garder un œil critique.

Au moins j’avais la confiance pour savoir ce que voulais dire, et la confiance de savoir que j’ai porté un regard critique sur mon travail, sur mon développement, et sur ma pratique. C’est la confiance qui démarque ceux qui agissent de ceux qui ne font rien. Je pense à ce que disais Woody Allen, je crois : « 90 % de la réussite dans la vie consiste uniquement à faire acte de présence », et c’est un défi que la plupart des gens ne veulent pas affronter.

L’impulsion de l’imagination, l’impulsion créative a toujours été respectée et honorée dans les milieux dans lesquels j’ai grandi. Mon père et ma mère, deux Cris de la Saskatchewan, ont dit « oui ».

Au fil des ans, j’ai essayé beaucoup de choses, mais il ne s’agit pas là d’être touche-à-tout sans maîtriser un domaine en particulier. J’adopte une approche rigoureuse dans tout ce que j’entreprends, et dans ce sens, il faut prendre en main la créativité et être ouvert aux idées qui nous sont présentées. C’est vrai qu’il faut emprunter et faire un savant mélange, mais en bout de ligne il faut donner une forme et une ordre à ses idées.

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