Danse : Canada atlantique

La région canadienne de l’Atlantique est constituée des provinces de l’est que sont la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador. Parmi les nations autochtones de la région, on retrouve les Malécites, les Micmacs, les Innus, les Métis ainsi que d’autres communautés des Premières Nations originaires de partout au Canada.

Au sein des Innus du Labrador, les anciens se remémorent par la danse les temps d’abondance des terres, des rivières et des océans, avant la création des réserves et les programmes gouvernementaux de délocalisation. Ces chants et ces danses rappellent les enseignements selon lesquels les esprits des animaux partagent une danse de joie avec l’Innu lorsqu’il fait preuve de respect pendant la chasse et lors de l’élimination de sa dépouille. Les chants sur lesquels on dansait étaient parfois une façon de faire partager certains rêves qu’on croyait destinés à guider l’Innu. Les danses au sein de ces collectivités permettaient de se préparer pour la chasse et d’exprimer la joie pendant les mariages, les festins et les événements spéciaux, le tout avec un accompagnement au tambour du shaman. La danse est un rituel qui montre la responsabilité de l’Innu de chercher l’harmonie avec tout, y compris les animaux et la terre qui les entoure.

Les danses des Innus se déroulent en cercle, dans le sens des aiguilles d’une montre, et étaient appelées les danses du peuple – hommes et femmes, en alternance, et les enfants qui regardent, jusqu’à ce que cette culture change en raison de l’arrivée des Européens. Une reprise de ces danses, pendant les années 1980, permettait de célébrer le retour de désintoxication d’un membre de la communauté et de lui démontrer son soutien. Le fait que ce soient maintenant principalement les femmes, et non les hommes, qui dansent, est un autre aspect de ce changement de culture. On s’attend aussi à être payé lorsqu’un chant est offert pour soutenir quelqu’un, alors qu’on l’offrait gratuitement auparavant. Ces changements sont largement le résultat de l’application des valeurs chrétiennes après les années 1950, des valeurs qui désapprouvent les pratiques traditionnelles de l’Innu. (nativedance.ca)

La danse, pour le Micmac, est un rituel de prière et de préparation pour la chasse, la guerre et pour faire la cour. Les célébrations comme une naissance, un mariage ou un accord entre deux tribus constituaient des occasions pour danser. Les grands rassemblements étaient une occasion idéale de défendre l’honneur de la famille, car il y avait un certain élément de compétition, à savoir quelle famille danserait le plus longtemps. Les changements dus à la colonisation, de même que des lois mises de l’avant par l’Église qui interdisaient leur langue et leur culture et les politiques des écoles et des gouvernements, ont divisé les générations. Les chants et les danses micmacs n’étant pas transmis, la connaissance de cette culture a pratiquement disparu. Cependant, des efforts continus sont en cours pour garder ces pratiques en vie.

Pour les Micmacs, la danse est souvent une façon de s’allier au monde et aux esprits en reprenant leurs mouvements et leurs sons, ce qui pouvait parfois aider les chasseurs à se préparer. Les chants appartenaient aux familles, étaient formellement présentés lorsqu’ils étaient chantés en public et sont laissés en héritage aux membres de la famille pour qu’ils aient la responsabilité de protéger les chants et de les transmettre aux générations futures. Les chants et danses des traditions Pow-wow et Sun Dance ont été embrassés par les Micmacs qui ont voyagé à l’ouest. Ils ont appris les enseignements des Premières Nations de l’ouest et sont revenus chez eux avec des croyances et des tambours Pow-wow.
Cet afflux de culture d’ailleurs a inspiré les Micmacs des années 1960 à creuser dans leurs racines culturelles afin de faire revivre la leur. Par exemple, les danseurs micmacs Eskasoni ont reçu l’autorisation du Grand conseil d’enregistrer sur bande des chants traditionnellement entonnés par les hommes; ces chants ont été conservés par les femmes de la communauté et sont encore présents aujourd’hui. Les chants et chansons traditionnels, les danses de bienvenue et de voyage, de même que des adaptations modernes et d’autres chansons comme la Mi’kmaq Honour Song de George Paul, sont toujours chantées. L’Eskasoni Georgina Doucette est reconnue pour les magnifiques châles qu’elle a conçus pour aider les danseurs micmacs à se rappeler de leurs racines. (nativedance.ca)

La gigue métisse est quant à elle une danse rythmée avec des pas allant du pas de gigue de base à des combinaisons plus complexes aux rythmes endiablés de violon pour lesquels les danseurs doivent être vifs. L’esprit compétitif des danseurs métis entraîne de nombreux concours, spécialement au sein de la communauté masculine; les danseurs tentent de surpasser les autres avec des pas compliqués et des routines ardues, difficiles à suivre.

Cet article fait partie d’un document vivant et non-exhaustif de l’ensemble des activités artistiques de la région. Il sera mis à jour dans le cadre de notre processus de révision continuelle.