Musique : Canada atlantique

La région canadienne de l’Atlantique est constituée des provinces de l’est que sont la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador. Parmi les nations autochtones de la région, on retrouve les Malécites, les Micmacs, les Innus, les Métis ainsi que d’autres communautés des Premières Nations originaires de partout au Canada.

Chez les Innus, les tambours sont faits de peau de caribou et jouent un rôle prépondérant dans leur culture, tout comme la manière du shaman de l’accorder et la variété de plumes qui y sont fixées pour différents chants. On croit que ces coutumes aident à communiquer avec les esprits des animaux. Les jeunes hommes sont responsables de l’entretien des tambours et doivent l’apporter au shaman lorsqu’il en a besoin; on voit que les percussions sont un aspect central de la culture innue. Les rythmes varient selon les chants et les danseurs s’adaptent à chaque changement de rythme. Ceux qui ont le pouvoir d’avoir des visions et des rêves hérités des hommes de leur famille de même que des images des chasseurs qui vivent dans la nature sont désignés comme chanteurs. Ce sont cependant les femmes innues, en général, qui chantent de nos jours pour préserver ces chants anciens.

Les chants innus visent à sensibiliser ceux qui les écoutent aux sentiments et aux pensées du monde animal; ces chants sont une façon de se préparer à la chasse en partageant des visions de chasse. Il existe aussi des chansons d’amour pour les mariages. On parle de l’origine des chants avant que le percussionniste ne se mette à chanter au sujet d’un mode de vie ancien, une vie de chasse et de voyage à travers la nature.

Les chants micmacs sont traditionnellement accompagnés d’instruments à percussion, et c’est à la fin du vingtième siècle que les tambours ont été intégrés. Les Micmacs, très inventifs, utilisaient également des cylindres de bois ou de métal qu’ils couvraient d’une peau pour en faire quelque chose de semblable à un tambour. Les chants sont formellement présentés; les origines de la famille d’où provient le chant et la signification de ce dernier sont expliqués avant d’être joué. Les Micmacs, comme plusieurs autres peuples autochtones, se préparent pour la chasse avec ces chants, qui font aussi partie des rituels pour courtiser. Les chants sont aussi entonnés par les Micmacs pour d’autres célébrations, des festins ou même pour se remémorer des moments importants de l’Histoire. C’étaient habituellement les hommes qui chantaient, mais ce sont souvent les femmes qui le font dorénavant afin de préserver la tradition orale que transmettent les chants.

Le violon est l’instrument de prédilection des Métis de l’Atlantique, qui en ont hérité grâce à leurs racines françaises et écossaises. Ne se laissant pas arrêter par le manque d’argent pour acheter un nouveau violon, plusieurs Métis confectionnaient le leur avec de l’érable et du bouleau. La musique de violon des Métis, accompagnée de cuillères, a son tempo particulier, spécialement des mesures distinctes pour la gigue Métis, laquelle s’apprend grâce à la tradition orale. Elle ne suit pas la structure habituelle d’une pièce de violon habituelle.

Avant d’entrer en contact avec les Européens, les Innus n’avaient aucune frontière avec leur famille de ce qui est maintenant le Labrador et le Québec. Afin de célébrer leur culture, un festival annuel de musique amérindienne du nom d’Innu Nikamu accueille plus de 6 000 participants et met en vedette une musique à la fois traditionnelle et moderne. Cet événement a lieu depuis 1985 et permet de mettre à l’avant-plan l’effet puissant de la musique sur l’identité et le langage innus tout en renforçant les liens entre les collectivités. Les chansons jouées à l’aide d’une batterie avec des tambours à timbre servant à préparer les chasseurs sont légion chez les Innus, de même que des chansons pow-wow au sein d’une programmation qui comprend également des compositions plus contemporaines. Une musique de style folk Innu, une combinaison des percussions traditionnelles et d’instruments acoustiques et électroniques, est également présente.

La légende de la musique micmac Willie Dunn a été l’un des premiers artistes autochtones canadiens à enregistrer sa propre musique. Grâce au soutien, dans les années 1970, de l’Office national du film, Willie est reconnu pour avoir produit The Ballad of Crowfoot et The Other Side of the Ledger. Il a également été reconnu partout dans le monde avec divers prix pour le style unique d’une poésie qui traduit les épreuves auxquelles ont fait face les peuples autochtones.

Willie est allé un peu partout, a joué et enregistré sa musique en Europe et en Amérique du Nord. En plus d’être cinéaste, réalisateur et producteur, Willie Dunn est membre du Walk of Honour pour The Ballad of Crowfoot, The Other Side of the Ledger et The Voice of the Land is in our People. Plus récemment, en 2005, Willie a reçu le prix Lifetime Contribution to Aboriginal Music pour sa contribution exceptionnelle à la musique autochtone aux Aboriginal Music Awards à Toronto. (www.williedunn.ca)

Cet article fait partie d’un document vivant et non-exhaustif de l’ensemble des activités artistiques de la région. Il sera mis à jour dans le cadre de notre processus de révision continuelle.